13/02/2012

A PROPOS DE LA PROCHAINE EXPOSITION "BRETONNE" D'ARMAND JAMAR (1870-1946) & D'EUGENE DE BIE (1914-1983)

Exposition placée sous le patronage de S.E. Madame Michèle Boccoz, Ambassadeur de France auprès du Royaume de Belgique.


Pour illustrer la prochaine exposition d'oeuvres de ces deux artistes, oeuvres qui ont été réalisées en Bretagne, nous vous invitons à parcourir quatre articles, parmi d'autres, qui leur ont été consacrés.


 Tout d'abord, un article de Madame Colette Bertot (fille du regretté critique d'art Stephane Rey) article écrit à l'occasion de l'importante rétrospective "Armand Jamar" organisée

à la K Gallery (Sablon) en 2002


ARMAND JAMAR

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Armand Jamar - Port breton - Huile s/toile

LES VOYAGES D'ARMAND JAMAR - K GALLERY - Sablon - Bruxelles

L'artiste, né à Liège en 1870 et décédé à Bruxelles en 1946, laisse derrière lui une œuvre importante et diversifiée. Et pourtant ce fils de famille dut, d'abord, terminer des études de droits et de notariat pour satisfaire aux souhaits de son père avant de réaliser son rêve, s'inscrire à l'Académie des Beaux-Arts, devenir peintre et en faire son métier.

Dès 1896, Armand Jamar expose régulièrement dans sa ville natale mais aussi dans des salons officiels à Anvers, Gand, Bruxelles, récoltant très vite des médailles, prix et succès.

 En quête de lumière et d'horizons nouveaux, de fraîcheur et de spontanéité "d'après nature", l'artiste de met à voyager un peu partout dans le monde, ce qui n'est pas évident à une époque où ni le Jet, ni le TGV ne font partie du vocabulaire quotidien.

L'exposition présentée actuellement à la K Gallery rassemble environs 80 toiles et aquarelles de l'artiste, toutes axées sur le thème du voyage et ses voyages sont effectivement passionnants, qui entraînent les visiteurs aux quatre coins du monde. De France en Italie, de Hollande en Suisse et en Espagne. D'Algérie aux États-Unis. Des intérieurs hollandais aux tonalités chaudes voisinent avec des toiles évoquant le Midi de la France, un retour de pêches à Martigues, l'étang de Berre (avant qu'il ne devienne "zone industrielle", La Rochelle et les bateaux à quai. La palette chromatique de l'artiste est somptueuse. Il joue avec maîtrise de tous les coloris mais ceux où il excelle scintillent de bleus, de roses, de mauves aux vibrations d'une intense sensibilité.

Le trait est mouvementé, la touche est libre, la matière se fait parfois épaisse, comme pour insister sur l'importance du sujet. L'émotion est toujours au rendez-vous. Jamar donne de Venise des interprétations multiples. Tantôt mouillée et enveloppée d'une brume nacrée, tantôt embrasée de couleurs ocres et rougeoyantes des façades se reflétant dans le Grand Canal.

L'artiste de rend également à New York, où il découvre en 1919, "une des villes portuaires les plus fascinantes du monde". Il y peint le port, le pont de Brooklyn, à coup de tons contrastés et de petites touches de blanc. Il reprendra souvent ce sujet à partir d'esquisses tracées sur place. Et puis, le mot "voyage" n'exclut pas le pays natal. On peut voyager au coin de sa rue, dans son village, au coin de la forêt voisine.

JAMAR trouve chez lui aussi l'inspiration. Épinglons "Le Village de Chevron", un peu triste sous le ciel d'automne. Une "Plage" à la Panne, aux ciels dignes de Boudin. Des "Paysages de Campine", des "Marais en Gaume" sous des climats de rudesse extrême. Une

"Usine près du canal à Bruges" aux clairs-obscurs remarquables. Le parcours est sans faille, marqué à la fois par l'impressionnisme et l'expressionnisme, d'un artiste, pas assez (re)connu, toujours à la recherche de la lumière et des "effets atmosphériques par la couleur".

Une très belle monographie illustrée due à la plume de Pierre Loze accompagne cette exposition.

Colette BERTOT

L'ECHO - Culture et Loisirs

Vendredi 3 mai 2002

 

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Armand Jamar - Marée haute en Bretagne - Huile s/toile




 EUGENE DE BIE

Ensuite un extrait d'un article signé Wim Toebosch

EUGENE DE BIE  A LA K GALLERY (SABLON - BRUXELLES)

...Il aimait la Bretagne et en dessina ou peignit autant le caractère profond que les aspects pittoresques. La région lui fit découvrir d'ailleurs une lumière particulière qui allait éclairer toute son œuvre ultérieure. Pour celle celle-ci, il exploita toutes les ressources d'une imagination qui confinait au fantastique, à l'insolite, à la création de personnages et de scènes qui pourraient sortir de contes de fées - ou de rêves souvent mélancoliques.

Wim Toebosch- Arts,Antiques,Auctions - Art Bruxelles - octobre 2000


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Eugène De Bie - Bretonnes et Bretons - Encre de Chine

Et enfin un texte écrit par Didier Paternoster, Licencié en Histoire de l'Art -ULB, Collaborateur au Conseil des Musées Bruxellois et Critique d'Art pour la Revue l'Evénement.

Voilà déjà plus de vingt ans qu'Eugène De Bie nous a quittés. Il aurait eu nonante ans cette année et, pour marquer cet anniversaire, la K Gallery lui consacre une exposition d'envergure qui présentera une sélection d' huiles et de dessins. En effet, c'est à travers ces deux techniques que l'artiste s'est surtout exprimé. Le dessin a été pour lui un compagnon de route fidèle qui lui a fourni la genèse de bien des tableaux. Le peintre aimait croquer, saisir, esquisser la vie de ses semblables en quelques coups de crayons et, parfois, les faire pénétrer dans l'univers d'une toile. Il aimait aussi la précision de la plume et la pureté de l'encre qui s'épousent dans de belles compositions libre cours à son amour de la vie et à ce fantastique truculent qui le caractérise. Peintre d'une certaine théâtralité, d'un univers où évoluent des personnages étranges et inquiétants,  peintre d'un mystère teinté d'humour et de visions oniriques, il a aussi été le chantre de la Bretagne. Cette région, qu'il a découverte un peu par hasard et immédiatement aimée, s'est imposée comme une source d'inspiration inépuisable: pêcheurs, paysages, marines, natures mortes, compositions fantastiques en portent l'empreinte. De Bie aurait bien pu vivre encore dix, vingt ou trente ans. Il avait en réserve une belle moisson d'impressions, de décors et de projets. Et bien qu'à la fin de sa vie, son art se soit acheminé vers une expression plus épurée, il n'en conservait pas moins de solides ancrages dans la réalité humaine. Une réalité que le peintre avait enrichie de préoccupations spirituelles et à laquelle il avait donné une dimension fantastique.

 Didier Paternoster -  septembre 2004

 

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Eugène De Bie - Le Guilvinec (Bretagne) "Eglise ND de la Joie" ca 1947 - Huile s/toile

"Il aimait la Bretagne et la Bretagne lui rendait bien".

Et pour terminer, siganlons les deux événements suivants.

Peu après sa mort la Municipalité du Guilvinec (Bretagne) a donné le nom

d'Eugène De Bie à une rue de la localité.


Et en 1997, un bel hommage a été rendu à cet artiste et à son oeuvre "bretronne"

 

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Pietà en Bretagne - Gouache

Une oeuvre du peintre 

EUGENE DE BIE
"PIETA EN BRETAGNE "
acquise par les MUSEES DU VATICAN.

Un événement dans la postérité de l'œuvre d'Eugène De Bie


 

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         Mgr Palazio et Pierre Goffin sur la terrasse du Palais Pontifical à Rome après la remise du dossier.


Une œuvre du peintre belge Eugène De Bie fait désormais partie des collections du Vatican. Il s'agit d'une « Pietà en Bretagne » peinte à la gouache dans les années soixante (50x65 cm ) qui a rejoint, il y a quelques semaines, les collections prestigieuses de la cité vaticane. Une belle reconnaissance pour l'artiste disparu en 1983 et dont l'œuvre compte quelques pièces d'art religieux qui avaient été réunies en une exposition thématique à la Basilique de Koekelberg (Bruxelles) en 1992, exposition dont le catalogue avait été préfacé par Mgr Danneels.

D'autres œuvres d'Eugène De Bie figurent déjà dans plusieurs édifices religieux d'Europe : une Croix monumentale en l'église Sainte-Marie-Mère-de-Dieu à Forest (Bruxelles), un Chemin de Croix en l'église Saint-Martin à Jemappes (Belgique), tous deux classés par l’IRPA « Institut Royal du Patrimoine Artistique de Belgique » , un Christ en croix dans la Chapelle de l’Ecole Sainte-Thérèse d’Ergue-Armel (Bretagne/France), une tête de Christ couronné d'épines au Couvent des Religieuses Trinitaires de Valence (Genève/Suisse) ainsi qu'un Saint-François en la cathédrale de Tempio (Sardaigne/Italie).

On sait combien la découverte de la Bretagne a été décisive dans le parcours personnel et artistique d'Eugène De Bie. La vie rude des pêcheurs, les paysages battus par l'Océan et le vent, mais aussi l'empreinte d'innombrables légendes et l'omniprésence des témoins de l'histoire religieuse, les calvaires notamment, ont eu un impact certain sur l'imaginaire du peintre. La « Pietà » vaticane appartient à cette veine bretonne et renoue avec une narration qui situe la vie du Christ dans un contexte local et non plus historique, d'où son appellation de « Pietà bretonne ». Loin des évocations emphatiques et militantes, la « Pietà » de De Bie s'attache à évoquer l'affliction en une scène intime dont certains protagonistes affirment clairement, par leur costume traditionnel, la transposition d'un moment de la vie du Christ en une autre époque et un autre lieu. Par sa composition claire et enlevée, des couleurs limpides et sa dynamique ascensionnelle, la « Pietà bretonne » donne une vision à la fois intimiste et puissante des souffrances du Christ.


Didier Paternoster
Septembre 2007

 


VILLA MAINTENON

Avenue Montjoie 98

1180 Bruxelles


Du samedi 3 au dimanche 18 mars 2012

Uniquement les samedis et dimanches de 15h00 à 19h00


Renseignements

+32 (0)2/346 00 12

+32(0)477/ 42 51 76

goffinpierre@yahoo.fr


K GALLE

15:13 Écrit par P G | Lien permanent | Commentaires (0)

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