25/11/2016

Hommage à Eugène De Bie par Madame J. Sandrès - Galerie Bodenschatz-Bâle

Carrosse ,Arlequins, fantasmes, fantastique, Surréalisyes

 Hommage à Eugène De Bie

par Madame J. Sandrès

Galerie Bodenschatz-Bâle

 

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Artiste de naissance, a dédié sa vie à l’Art. Créateur infatigable, à légal des plus grands, il trouva dans son berceau une technique éblouissante. Précurseur du surréalisme, autant que de l’expressionnisme. Epris de baroque, sur la fin de sa vie, son interprétation fut plus pathétique, s’appuyant sur un symbolisme plusieurs fois millénaire de l’œuf brisé et de l’oiseau mort.

Eugène De Bie vous aviez deux visions du monde.

L’une qui se joue de la destinée avec pour toile de fond, des escaliers, des tréteaux, des drapés et des tiroirs secrets.

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Grenier, Fantastique, Rêves, Composition,

 

L’autre, celle du pays de votre cœur. Une fenêtre basse s’ouvrant sur votre chère Bretagne, terre de légendes, de spiritualité et de mélancolie. L’austérité des Bretons, leur mode de vie teinté de courage fut un exemple pour vous, chaque jour. Confrontés à des éléments hors mesure, ces hommes avaient pour obsession d’apprivoiser la mort. Comme eux, cette peur vous poursuivra toute votre vie. Un mystère vous hantait, celui de l’éphémère passage de l’homme parmi tant de merveilles et tant de décombres.

 

Bretagne, landes, enfants, Finistère, Océan,

 

Bretagne, Prière, Vieille bretonne,

Bretagne, Village breton, maisons basses, le Guilvinec,

 

 

Votre œuvre est un mélange de l’union du Nord fantastique avec la rationalité latine.Vous avez médité plus sur les êtres et sur la nature que sur les idées.

 

C’est dans votre appartement exigu de l’Avenue Van Volxem à Forest-Bruxelles, dans ce salon qui vous servait d’atelier, que naîtront des œuvres d’une inventivité sidérante, nourries d’affirmations originales. Projection de vos rêves et de vos fantasmes. C’est de là aussi que reviendra, dynamisé, réduit à l’essentiel, votre « blanc » aux multiples nuances.

Mais n‘était-ce pas la teinte franche des façades bretonnes où se reflétaient les ombres géantes des arlequins tristes qui dansaient autour des corolles aux feux de la Saint-Jean ou bien l’univers de pâleur symbole de votre quête vitale ?

Village, Landes, Bretagne, Finistère,

Partagés entre érotisme et spiritualité, certains de vos personnages semblent écrire votre histoire personnelle. Vous êtes à la fois, montreur de marionnettes et de gens du voyage aux allures fières, si poignants dans leur malheur.

 

Compositioins, gouache, danses, femmes, jeunes femmes,

Eugène De Bie, vous êtes proche d’Erasme et de cet esprit de la Renaissance qui approuvait la folie.

 

Vous avez connu la douleur de la mort de votre fille Bernadette, puis la révolte et un sentiment d’injustice. Pétri d’angoisses devant le gouffre de votre existence et la peur de la mort, votre œuvre se dirigea de plus en plus vers le fantastique. Dans la religion, vous y avez lu l’expression de la misère réelle. Lorsque vous représentez le Christ en marin, parmi les marins, c’est à l’Eglise que vous donnez une leçon d’humilité.

 

Christ en croix, Ste-Marie, Forest Bruxelles

 

Musées du Vatican, Pieta bretonne, Oeuvre aux Musées du Vatican, Rome

 

 

 

Vatican, Mgr Palaziio, Pierre Gioffin, Musées du Vatican, Rome

 

Eugène De Bie, vous étiez un homme simple et cette simplicité vous permettait de parler de vos jours de misère et de pauvreté. Elle vous autorisait à mentionner la joie acquise par votre travail et votre foi en vos propres raisons. Vous étiez fier d’un succès tardif où s’incarnait pour vous la projection des certitudes à venir.

 

Grâce à votre œuvre, vous êtes présent parmi nous, avec vos tumultes, vos rêves et votre éternelle nostalgie du paradis perdu et que vous aviez retrouvé en Armorique. La mer s’en souvient, nous pouvons entendre les orgues de l’océan célébrer votre glorieux passage. Cet océan qui orna souvent la fenêtre de votre pauvre logis du Guilvinec.

 

 

Votre œuvre s’inscrit dans ce monde d’aventure spirituelle où la nef poétique met le cap vers l’inconnu. Vous aviez encore à dire. Vous n’avez pu le faire. Au bout de votre voyage, la mort s’est profilée. Ce voile sombre des passions de la vie que vous connaissiez si bien vous a recouvert, avec votre épouse, sur les routes du Finistère le 20 août 1983.

 

Carrosse brisé, oeuvre prémonitoire de l'accident mortel des De Bie,

 J.Sandres - Bâle- 1999

 

                 

 

 

 

 

 

 

14:38 Écrit par P G | Lien permanent | Commentaires (0)